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Bizutage dans l'armée

L'affaire a choqué tout l’État de San Andreas : une jeune recrue a dû se faire amputer des deux jambes ainsi que de ses organes génitaux à la suite d'un bizutage.

Mes confrères des autres quotidiens du pays ont été indignés par l'affaire. Pourtant, quand le général Church déclare : "Ce n'est pas bien grave, si c'était le cas, j'aurais directement donné les ordres.", il ne dit que la vérité. Oui, quoi de plus banal qu'une jeune recrue du 3ème bataillon victime de nombreuses violences... Par contre, quand le gouverneur dit qu'il n'a jamais été confronté à une chose pareille depuis trente ans, c'est qu'il ment (une fois de plus).

Allez ! Assez de cette hypocrisie omniprésente dans ce pays ! Ce qui s'est passé à la caserne de Las Venturas, le dépôt de carburant pour être plus précis, est tout à fait ordinaire. Avec la complicité des officiers, quelques soldats ayant un peu d'ancienneté se permettent de martyriser leurs camarades. Ils en ont violé certains, tabassé d'autres. Et c'est à cause de ça que le jeune soldat Gallagher à vu ses jambes se gangrenées à la suite d'un traitement cruel. Bien sûr, les médecins de la caserne n'ont rien pu faire et ont dirigé le pauvre homme dans un hôpital civil où il a dû être amputé des deux jambes. D'après les statistiques de cette année, c'est un accident tout à fait exceptionnel : en 2005, on compte 1064 décès militaire (hors opérations) à la suite de crimes ou d'accidents. Seulement 16 décès concernant les bizutages. Selon le général Church, 80% de la garde Nationale de San Andreas ne connaissent pas le hazing et tout le monde sait que le gouverneur ment. D'ailleurs selon les haut-gradés, le hazing est un moyen employé pour amener la discipline et la maintenir, quelque soit son coté barbare.

Nous pouvons même dire que, quand un sous-officier de carrière n'est pas là pour faire respecter la discipline, les officiers confient la sale besogne aux anciens qui auront pour mission de "dresser les bleus". Le plus terrible, c'est que des réformes ont été soi-disant faites par les responsables de la Garde de San Andreas. De toute façon, ces réformes seraient totalement vides de sens et de nouveaux cas de violences continueraient. Les commandants font ce qu'ils peuvent pour dissimuler les preuves mais ils n'ont pas réussi à garder le secret pour cette fois. Nous sommes quasiment sûrs qu'ils se fichent de ces violences faites aux nouvelles recrues et c'est pour cela qu'au Liberty Tree, nous avons pris la liberté de questionner l'officier Sanchez, un des commandants de la zone 69.

Liberty Tree : Bonjour, comment réagissez-vous en apprenant l'affaire du jeune soldat qui s'est fait amputé ?

Officier Sanchez : Écoutez moi bien le fouille-merde, le hazing est chose courante et ça apprend ce qu'est la vie rude du militaire. Le bleu qui s'est fait amputé, c'est de sa faute, il ne s'est même pas défendu.

Liberty Tree : Oui, il est vrai que l'on peut se défendre à dix contre un...

Officier Sanchez : D'accord, d'accord, mes gars y sont allés un peu trop fort. Pour les futures rentrées de secondes classes, je leur dirais de ne pas y aller avec les crosses des fusils. Vous pouvez compter sur moi !

Liberty Tree : Vous êtes donc pour ce genre de traitements disciplinaire ?

**Officier Sanchez : **Ah mais complètement! Complètement, mais pas comme une forme de jeu, même si ça détend les anciens. Je le vois vraiment comme une forme d'extension disciplinaire et puis, ça nous permet de faire un peu de boxe. Courir, c'est lassant vous savez ?

C'est sur ces déclarations plus que douteuses que nous avons pu montrer à quel point le hazing est considéré comme un sport, un jeu... Rappelons aussi que cette affaire date de deux ans. Sans l'aide de l'association des mères de soldats, nous n'aurions pas pu révéler au grand jour cette affaire. Gageons au moins que cet article ne sera pas censuré.

Photos by weezer and Pliskin©