/ Los Santos

La Tour Maudite

Goldwyn Tower (archives).

L’appel d’urgence est entré à la centrale téléphonique du 911 à 5h48am. C’est l’employé d’une société locataire au 28ème étage du Goldwyn Tower qui a sonné l’alerte après avoir constaté que de la fumée s’échappait sous la porte d’un local du même étage. Se rappelant les directives en cas d’incendie, le jeune homme n'a pris aucuns risques et s'est rendu au téléphone d’urgence le plus près pour alerter les agents de sécurité se trouvant au hall de l’entrée principale, au premier étage.

Malheureusement, à cause de la très haute température qu’il régnait dans la pièce, nous pouvons penser que la porte n’a pas tenu le coup ce qui a permis au feu de s’étendre au reste de l’étage en empruntant les couloirs pour se propager. Les nombreuses personnes qui n’avaient pas encore évacué l'étage se sont rouées vers les escaliers de secours. Aux dires des témoignages recueillis sur place par les autorités, c'était le désordre total!

Ce sont les sapeurs de la caserne du district de Commerce qui sont arrivés les premiers sur les lieux. On pouvait tout de suite lire sur leur visage qu’ils redoutaient le pire puisque le brasier se trouvait à une hauteur qui n’était pas accessible pour les échelles des camions. Il leur fallait donc attaquer le feu de l’intérieur à l'aide de tous les moyens dont ils disposaient. Et puisqu’un malheur ne vient jamais seul, les pompiers apprenait que les gicleurs automatique étaient hors service à partir du 25ème jusqu’au sommet du gratte-ciel haut de 35 étages. Le système ne fonctionnait pas à cause que des travaux de remplacement de conduite d’eau avaient lieux aux étages en question.

Même si l’intervention des unités d’urgence s’est fait rapidement, le feu avait quand même pu progresser rapidement en s’attaquant à l'étage au-dessus. En près d’une vingtaine de minute le 29ème était déjà lourdement touché. Il était déjà même possible d’apercevoir les flammes qui s’échappaient de plusieurs fenêtres qui avaient volées en éclats au moment de la propagation. Le feu formait une ceinture autour du 28ème étage. De nombreux débris enflammés s’abattaient sur les véhicules d’urgence stationnés dans la rue rendant le secteur très dangereux. Les policiers ont alors pris la décision d’élargir le périmètre de sécurité sur quelques rues plus loin pour éloigner les nombreux curieux qui observaient le triste spectacle.

Puis, une nouvelle jeta une douche froide. Le poste de commandement venait d'être informé par l’hélicoptère de la chaîne de télévision qu’une trentaine de personnes avaient pris refuge sur le toit, ne pouvant probablement plus évacuer par les escaliers à cause des flammes. Quelques hélicoptères spécialement conçus pour les opérations de sauvetage ont rapidement été réquisitionnés dans le but de venir en aide à ces personnes. Bien que l’épaisse fumée qui balayait le mur de structure de béton nous empêchait à partir du sol d’apercevoir quoi que ce soit au sommet de la tour, nous comptions sur un balayeur de fréquences pour nous tenir informé sur l’évolution de l’opération. Le sauvetage allait être très difficile à cause de la puissance des vents qui soufflaient en hauteur, mais le premier hélico parvint tout de même à se poser.

Opération de sauvetage.

Le premier groupe de rescapés ont pu prendre place à bord de l'appareil puis furent menés jusqu’à une piste improvisée en bordure de l’intersection de Mulholland, où attendaient des ambulanciers prêt à intervenir auprès de ceux et celles qui avait besoin d'assistance. La chance n'a malheureusement pas duré puisqu'au moment d'embarquer un autre groupe de personnes une forte bourrasque de vent a fait basculer l'hélicoptère qui a ensuite donné violemment contre le garde fou du toit. L'appareil a explosé ne laissant aucune chance aux 3 membres d'équipage ainsi qu'aux 6 personnes qui se trouvaient à proximité et qui devaient être les prochains évacués. Le Newscopter-9, qui avait été tenu en retrait du secteur pour faciliter le passage des hélicoptères de secours, a pu s’approcher suffisamment près de l’édifice pour y ramener ces images saisissantes.

La journée a pris une tournure encore plus dramatique avec l'écrasement de l'hélicoptère de secours.

Au moment où la nouvelle de l'accident a été connue des secouristes tous se demandaient comment ils allaient faire pour sauver les personnes restantes. Voyant que la situation leur glissait des mains, et constatant que l’incendie était hors contrôle, il fallait réfléchir à un nouveau plan et vite! C’est à ce moment que l’architecte de l’immeuble, qui se trouvait sur place pour répondre aux questions des pompiers, a eu une idée plutôt inusitée. Celle de dynamiter avec précision les énormes réservoirs d’eau situés au sommet de la tour, et ainsi se servir des milliers de gallons d’eau qu’ils contiennent dans le but d’éteindre l’incendie. Il s’agissait d’une stratégie très risquée qui ne s’était jamais fait auparavant mais c'était un plan qui avait quand même des chances de réussite. Il fallait faire vite car la puissance de l’incendie affaiblissait les poutres de l’édifice en augmentant les chances d’un effondrement.

Photo-vidéo de la salle des réservoirs d'eau, situé au sommet du Goldwyn Tower.

C’est donc en se reliant au système vidéo haute technologie du poste de sécurité qu'il a été possible d'avoir une image de l'endroit où se trouvaient ces fameux réservoirs même si l'image n'était pas impeccable. À partir de là l'équipe a pu élaborer leur fameux plan.

Le panache de fumée noir s'élevait dans le ciel et pouvait être observé à des kilomètres à la ronde!

Il a donc été déterminé que cette mission devait être menée par un expert en explosif puisqu’il fallait quelqu’un qui sache bien manipuler et placer les charges aux bons endroits sous les réservoirs car il n’y aurait pas de deuxième chance si la première échouait. C’est au sergent Michael O’Hara de la brigade anti-bombe du LSPD que cette délicate mission a été confié. C’est vêtu d’une tenue d’amiante spécialement conçu pour pouvoir résister aux hautes températures, que le jeune officier de 38 ans a embarqué dans l’hélicoptère qui allait le larguer au sommet par l’entremise d’un câble de retenue, puisqu’il ne lui serait pas possible de se poser directement sur le toit depuis l’écrasement de l’autre appareil.

Le commandant de la brigade d'intervention des incendies, qui se trouvait non loin de l'endroit d’où nous étions, a bien voulu nous en dire plus long sur ce plan. Il nous a expliqué qu'une fois sur le toit de l'immeuble, l’homme avait comme directive de se rendre rapidement à l'endroit où se trouvait les réservoirs d'eau puis y déposer les pains de C4 aux endroits prévus. Après l'amorce des charges, il disposait de quelques minutes pour descendre 2 étages et rejoindre ce petit groupe de personnes qui avait été laissé à eux-mêmes après l'explosion de l'hélicoptère de sauvetage. Ces gens s'étaient réfugiés dans un petit bureau pour se protéger contre la fumée qui envahissait rapidement l’étage où ils se trouvaient. Ils étaient en liaison radio avec les secouristes grâce au talkie-walkie d'un agent de sécurité parmi eux. Il avait donc été possible de connaître leur emplacement précis et les aviser du plan qui avait été mis en oeuvre pour les secourir.

Les minutes avant l'explosion nous parurent des heures, puis soudain ce fut le grondement surprenant de la décharge qui envoya une vibration jusqu’à sous nos pieds. Au même moment, on pouvait voir un déluge d’eau s'échapper de la structure par les fenêtres en fonçant en ligne droite vers le sol tel un tsunami. On aurait dit que l'immeuble s'était transformé en une gigantesque fontaine de parc. Nous étions tous trempé mais c'était la joie tout autour de nous en constatant que les flammes et l'épaisse fumée noir qui s’échappaient des entrailles de l’édifice perdaient de leur robustesse. C’était donc signe que l’eau menait son combat contre le feu. Le quadrilatère baignait dans une fumée blanche, et une forte odeur nauséabonde de caoutchouc brûlé se répandait partout autour de nous, c’était infect. À mesure que le débit de l’eau diminuait, laissant mieux voir la structure, nous commencions à voir les cicatrices laissées par le brasier et pouvions mesurer l'ampleur du drame. Ça prendrait beaucoup de temps avant que tout soit comme avant, mais bon, une chose à la fois. Pour le moment la priorité pour les pompiers était d'éteindre les quelques endroits isolés que l’eau n’avait pu atteindre et qui brûlaient toujours. Nous pouvions tout de même affirmer que le pire était passé.

Photos montrant le gratte-ciel évacuant l'épaisse fumée blanche suite à l'extinction de l'incendie.

Mission accomplie!

L'opération nettoyage et de reconstruction commencera très bientôt mais pour l’instant l'heure est à la recherche d’éventuels victimes puisque plusieurs personnes, incluant certains pompiers, manquent toujours à l'appel. Le directeur du service des incendies de Los Santos qualifie déjà cette catastrophe comme étant l'une des pires tragédies ayant frappé la ville. Jusqu'à maintenant 22 corps ont été extirpés des décombres et on ne compte plus les blessés. Le maire de la ville songe déjà à ériger un monument en l’honneur des disparus et salue le travail courageux des sapeurs qui ont donné leur vie pour en sauver d’autres... « Nous n’oublierons pas le sacrifice que vous avez fait! » souligna le maire en balayant son visage de la main. Cette tragédie l’affectait profondément.

Une enquête a été ouverte afin de déterminer la cause de l’incendie mais déjà des éléments importants renforcent la thèse du problème électrique. De plus, nous apprenons que plusieurs survivants auraient formé un groupe afin d’intenter un recours collectif contre le propriétaire de l’immeuble qu’ils tiennent personnellement responsable de ce drame puisqu’il connaissait la vulnérabilité de l’édifice en l’absence des gicleurs, et malgré cela il n’a pris aucune mesure pour s’assurer que personne ne courrait de risque.  Ce dossier risque donc d’alimenter les journaux du pays pour encore bien longtemps.

Le personnel et la direction du Liberty Tree adressent leurs plus sincères condoléances à ceux et celles qui ont perdu un être proche ou un(e) ami(e) dans cette tragédie.